Le réseau des formations VGP et métiers du contrôle

    Guide réglementaire

    VGP des appareils de levage et des engins de chantier

    C'est la famille d'équipements où les vérifications sont les plus encadrées, et aussi celle où les oublis coûtent le plus cher : accessoires absents de l'inventaire, matériels loués sans rapport, échéances resserrées ignorées. Ce guide reprend le périmètre, les rythmes, les points de contrôle et les documents attendus.

    Périmètre

    Les équipements concernés, au-delà des grues

    Le réflexe consiste à penser aux gros porteurs. Or les manquements les plus fréquents concernent les équipements les moins visibles : palans d'atelier, hayons, accessoires de levage stockés en vrac.

    FamilleExemplesOubli fréquent
    Appareils de levage de chargesPonts roulants, portiques, palans, potences, treuilsPalans d'atelier peu utilisés, absents de l'inventaire
    Appareils de levage de personnesPEMP, nacelles, plateformes suspenduesRythme de vérification resserré non appliqué
    Chariots et manutentionChariots élévateurs, gerbeurs, transpalettes à conducteur portéÉquipements interchangeables non suivis
    Engins de chantier utilisés en levagePelles équipées pour le levage, chargeuses, grues auxiliairesConfiguration de levage non prise en compte dans la vérification
    Accessoires de levageÉlingues, chaînes, manilles, crochets, palonniers, pincesAucun identifiant individuel, donc aucun suivi possible
    Équipements de transport et de quaiHayons élévateurs, tables élévatrices, monte-matériauxRattachés au véhicule et non au parc d'équipements

    Périodicités

    Les trois régimes de l'article 23

    Le principe général est une VGP tous les douze mois. L'article 23 de l'arrêté du 1er mars 2004 prévoit deux régimes resserrés : six mois pour les catégories visées au a), et trois mois pour la catégorie visée au b). Ces périodicités ne remplacent pas la lecture du texte applicable ni celle de la notice du constructeur, qui peut imposer davantage.

    Périodicités de VGP fixées par l'arrêté du 1er mars 2004 — se reporter à l'article 23 (a et b) et à la notice du constructeur, qui peut être plus exigeante.
    ÉquipementPériodicité de VGPFondement / motif
    Principe général : appareils de levage et accessoires de levage12 moisRégime de droit commun de l'arrêté du 1er mars 2004
    Appareils spécialement conçus pour le levage de personnes, mus par une énergie autre que la force humaine (PEMP, plateformes, monte-personnes)6 moisArticle 23 a) de l'arrêté
    Appareils énumérés aux II et III de l'article 20 de l'arrêté6 moisArticle 23 a) de l'arrêté
    Appareils de levage mus par la force humaine employée directement, utilisés pour déplacer en élévation un poste de travail3 moisArticle 23 b) de l'arrêté
    Appareils de levage de charges installés à poste fixe (ponts roulants, portiques, palans)12 moisAucune réduction de délai prévue par l'article 23
    Engins de chantier utilisés en configuration de levage12 mois, sauf appartenance à une catégorie visée par l'article 23 a) ou b)La fonction levage détermine le régime applicable

    Moments clés

    Mise en service, remise en service et épreuves

    La VGP n'est qu'une partie du dispositif. D'autres moments imposent un examen, souvent plus poussé, sans pour autant remplacer la vérification périodique ni décaler son échéance.

    Première utilisation

    Mise en service

    À la première utilisation dans l'établissement, l'examen porte sur l'adéquation de l'appareil au travail prévu, son montage et son installation, avec les épreuves prévues lorsqu'elles s'appliquent.
    Après intervention

    Remise en service

    Après démontage et remontage, changement de configuration, réparation ou remplacement d'un élément essentiel, ou accident ayant affecté la structure. Il s'agit d'une obligation distincte de la VGP : elle est déclenchée par l'événement et ne s'y substitue pas. L'articulation avec l'échéance de la vérification périodique et le calendrier à retenir se déterminent d'après le texte applicable et le rapport correspondant. C'est l'examen le plus souvent négligé sur les chantiers mobiles.
    Statique et dynamique

    Épreuves

    L'épreuve statique éprouve la résistance de la structure sous surcharge maîtrisée, l'épreuve dynamique le fonctionnement des mouvements sous charge. Elles ne se pratiquent pas à chaque visite périodique.

    Points de contrôle

    Ce que l'examen périodique regarde

    État de conservation

    • Structure : déformations, fissures, corrosion, état des assemblages et des soudures visibles
    • Organes de levage : câbles, chaînes, poulies, freins, tambours, crochets et leur linguet
    • Circuits hydrauliques : fuites, état des flexibles, tenue des vérins en charge
    • Pneumatiques, chenilles, stabilisateurs et points d'appui pour les engins mobiles
    • Lisibilité du marquage, de la charge maximale d'utilisation et des abaques

    Essais de fonctionnement

    • Dispositifs de fin de course et de limitation des mouvements
    • Limiteurs de charge et de moment, avertisseurs associés
    • Arrêt d'urgence, freins de levage et de translation
    • Dispositifs de sécurité propres au levage de personnes
    • Commandes, signalisation, éclairage et avertisseurs sonores

    Accessoires

    Le maillon faible du suivi

    Un accessoire coûte peu, se déplace beaucoup et se remplace vite : c'est exactement le profil d'un équipement qui échappe à l'inventaire. Or sa rupture est immédiate et sans préavis.

    Ce qu'il faut pouvoir montrer

    • Identifiant individuel lisible et durable sur chaque accessoire
    • Charge maximale d'utilisation lisible, en cohérence avec l'usage réel
    • Date de mise en service et historique des vérifications
    • Décisions de rebut et destruction effective des accessoires écartés

    Motifs de rebut fréquents

    • Élingue textile coupée, abrasée, brûlée ou dont l'étiquette est illisible
    • Chaîne allongée, maillon déformé, corrosion prononcée
    • Crochet ouvert, linguet absent ou inopérant
    • Manille dont le marquage n'est plus identifiable

    Organisation

    Location, sous-traitance et chantiers partagés

    Sur un chantier, la question n'est pas seulement « l'équipement est-il vérifié ? » mais « qui détient la preuve et qui décide de son usage ? ».

    SituationPoint à traiter avant usageTrace à conserver
    Matériel louéRapport de vérification à jour remis avec le matérielCopie du rapport dans le dossier de chantier
    Matériel déplacé entre chantiersVérification de mise en service selon l'installation retenueCompte rendu de montage et d'installation
    Entreprise sous-traitanteJustificatifs des vérifications de ses propres équipementsÉléments intégrés au plan de prévention
    Appareil partagé entre entreprisesDésignation claire du responsable du suiviConsignes d'utilisation écrites et registre commun

    Documents

    Ce qui doit rester au dossier

    Sur ces équipements, le dossier vaut autant que l'état du matériel : c'est lui qui sera demandé après un incident.

    • Rapports de vérification de mise en service, de remise en service et de vérification périodique.
    • Résultats des épreuves lorsqu'elles ont été réalisées, avec les conditions dans lesquelles elles se sont déroulées.
    • Notices d'instructions et abaques de charge des appareils, accessibles aux utilisateurs.
    • Preuves de levée des observations et rapports d'intervention correspondants.
    • Décisions d'arrêt d'usage et de remise en service, datées et attribuées.
    • Registre de sécurité regroupant l'ensemble pour présentation lors d'un contrôle.

    FAQ

    Questions fréquentes sur les VGP de levage et d'engins de chantier

    Ces questions reviennent systématiquement sur les chantiers et dans les ateliers disposant d'un parc mixte.

    Quels appareils de levage relèvent d'une vérification périodique ?
    Les appareils de levage mus par une énergie autre que la force humaine entrent dans le champ, ainsi que les accessoires de levage qui leur sont associés. Cela couvre les grues, ponts roulants, portiques, chariots élévateurs, plateformes élévatrices mobiles de personnes, palans, monte-matériaux, hayons élévateurs et les engins de chantier utilisés en levage.
    Quels sont les rythmes de vérification applicables ?
    Le principe général est une VGP tous les douze mois. L'article 23 de l'arrêté du 1er mars 2004 prévoit deux régimes resserrés : un délai de six mois (article 23 a)) pour les appareils énumérés aux II et III de l'article 20, ainsi que pour les appareils spécialement conçus pour le levage de personnes mus par une énergie autre que la force humaine ; un délai de trois mois (article 23 b)) pour les appareils de levage mus par la force humaine employée directement, utilisés pour déplacer en élévation un poste de travail. En dehors de ces catégories, le rythme reste de douze mois. Le fait qu'un appareil soit démonté puis remonté déclenche une vérification de remise en service, qui est une obligation distincte de la VGP : l'articulation entre les deux et le calendrier à retenir se déterminent d'après le texte applicable et le rapport correspondant.
    Une VGP inclut-elle une épreuve de charge ?
    Non. Les épreuves statique et dynamique relèvent des vérifications de mise en service et de remise en service, notamment après réparation ou remplacement d'un élément essentiel. La VGP, elle, porte sur l'examen de l'état de conservation de l'appareil et sur les essais de fonctionnement des dispositifs de sécurité : ce sont deux obligations distinctes, avec des déclencheurs différents.
    Un engin de chantier loué doit-il être vérifié par le loueur ou par l'utilisateur ?
    Le loueur remet en principe un matériel à jour de ses vérifications, mais l'utilisateur reste responsable de l'usage qu'il en fait et doit disposer des rapports correspondants. Le point à traiter avant la mise en service sur le chantier est simple : obtenir le rapport, en vérifier la date et le périmètre, et réaliser la vérification de mise en service lorsque les conditions d'installation le justifient.
    Un CACES suffit-il pour utiliser un engin de chantier ?
    Le CACES est un moyen d'évaluer les connaissances et le savoir-faire de l'opérateur. C'est l'employeur qui délivre l'autorisation de conduite, en s'appuyant sur cette évaluation, sur un examen d'aptitude médicale et sur la connaissance des lieux et des instructions à respecter. La vérification de l'engin est une obligation distincte, qui porte sur la machine.
    Que faire d'un appareil dont la vérification révèle un écart grave ?
    L'usage doit être interrompu jusqu'au traitement de l'écart. La décision d'arrêt, la nature de l'écart et la remise en service après intervention se consignent : c'est cette chaîne écrite qui démontrera que l'exploitant a réagi, et non le seul rapport de vérification.

    À lire également

    Rôle de la plateforme

    Formation Contrôle Réglementaire est une plateforme de mise en relation entre les personnes ou entreprises qui recherchent une formation VGP ou une formation aux métiers du contrôle et des centres de formation ou formateurs indépendants. La plateforme ne dispense pas elle-même les formations, ne fait réaliser aucun contrôle et ne détient aucune certification, habilitation, accréditation ou agrément.

    Les formations sont proposées et contractualisées directement avec des centres de formation ou formateurs indépendants. Avant la signature du devis ou l'inscription, le demandeur vérifie auprès du prestataire retenu le titulaire, le périmètre et la validité de toute certification annoncée (Qualiopi ou autre), ainsi que l'éligibilité éventuelle de la formation à un dispositif de financement, qui dépend de la formation et du prestataire final.

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