Guide réglementaire
Certificat Q18 : contrôle électrique et prévention du risque incendie
Le Q18 arrive souvent dans la conversation par le courrier d'un assureur, pas par une lecture du Code du travail. Derrière l'expression courante de « certificat Q18 » se trouve une mission de vérification périodique conduite selon le référentiel APSAD D18, qui donne lieu à un compte rendu de vérification Q18. Ce guide replace la démarche à sa place exacte : ce qu'elle contrôle, qui la demande, ce qu'elle apporte et ce qu'elle ne remplace pas.
Définition
Une démarche de prévention, portée par le référentiel APSAD D18
La vérification périodique Q18 s'appuie sur le référentiel APSAD D18, consacré à la prévention du risque incendie d'origine électrique et élaboré dans le champ de l'assurance. Il ne s'agit ni d'une norme d'installation ni d'un texte du Code du travail.
Sa valeur juridique
Terminologie
D18, Q18, D19, Q19 : appeler les choses par leur nom
L'expression « certificat Q18 » est passée dans le langage courant, y compris dans des demandes d'assureurs. Elle mélange en réalité plusieurs notions distinctes, et cette confusion conduit régulièrement à commander la mauvaise prestation.
| Terme | Ce qu'il désigne réellement | Emploi correct |
|---|---|---|
| Référentiel APSAD D18 | Le document de référence sur la prévention du risque incendie d'origine électrique | « vérification réalisée selon le référentiel APSAD D18 » |
| Mission de vérification périodique Q18 | La prestation elle-même, dans le cadre prévu par le D18 | « mission de vérification périodique Q18 » |
| Compte rendu de vérification Q18 | Le document remis à l'issue de la mission | « compte rendu de vérification Q18 » |
| Référentiel APSAD D19 et compte rendu Q19 | La thermographie infrarouge des installations électriques | Démarche distincte, à commander séparément |
Il n'existe donc pas de « référentiel Q18 » : le référentiel est le D18, et le Q18 désigne la mission et son compte rendu. De même, aucun certificat n'est délivré à l'issue de la vérification : le document attendu est un compte rendu, qui liste des anomalies et non une conclusion binaire.
Attentes
Ce que l'assureur cherche dans le dossier
Comprendre la demande évite de produire un document qui sera refusé ou jugé inexploitable.
Un compte rendu recevable
Un périmètre cohérent
Le traitement des anomalies
Une continuité dans le temps
Distinction
Q18 et vérification périodique : deux logiques à ne pas confondre
C'est la confusion la plus courante, y compris chez des exploitants expérimentés. Le tableau ci-dessous distingue les deux démarches.
| Critère | Vérification Q18 (référentiel APSAD D18) | Vérification périodique des installations électriques |
|---|---|---|
| Origine de l'exigence | Référentiel APSAD D18 et clause d'assurance | Réglementation du travail |
| Finalité | Réduire le risque de départ de feu d'origine électrique | Vérifier le maintien en état de conformité de l'installation |
| Déclencheur | Contrat, cahier des charges, demande de l'assureur | Obligation applicable à l'établissement |
| Sanction d'un manquement | Contractuelle : conséquences sur la couverture du sinistre | Administrative et pénale, selon les circonstances |
| Document produit | Compte rendu de vérification Q18 | Rapport de vérification joint au registre de sécurité |
| Destinataire | Exploitant et assureur | Exploitant, registre de sécurité, agents de contrôle |
Dans la pratique, un même prestataire peut réaliser les deux missions lors d'une même visite, mais les documents restent distincts : ils ne répondent pas à la même question et ne s'adressent pas au même lecteur.
Déroulement
Comment se prépare et se déroule un contrôle
Une mission mal préparée produit un compte rendu rempli de mentions « non vérifiable », qui n'aide ni l'exploitant ni l'assureur.
Cadrage du périmètre
Établir la liste des locaux, tableaux et installations à examiner, y compris les zones ajoutées depuis le dernier contrôle.
Mise à disposition des documents
Schémas à jour, comptes rendus précédents, justificatifs des travaux réalisés, notices des matériels particuliers.
Conditions d'examen
Prévoir un accès effectif aux tableaux et locaux techniques, ainsi qu'un fonctionnement représentatif de l'activité réelle du site.
Examen sur site
Examen visuel de l'installation, contrôle des connexions et des protections, mesures et essais prévus par le référentiel APSAD D18.
Restitution
Compte rendu de vérification Q18 listant les anomalies, leur localisation précise et leur criticité relative pour hiérarchiser le traitement.
Levée des anomalies
Traitement, preuve écrite de l'intervention et conservation du justificatif à côté du compte rendu.
Documents
Ce que le compte rendu doit permettre de faire
Un compte rendu se mesure à son caractère actionnable : l'exploitant doit pouvoir en tirer une liste de travaux et un ordre de priorité.
Exploitable pour l'exploitant
- Localisation précise de chaque anomalie, repère de tableau et de départ
- Criticité relative permettant de trier l'urgent du planifiable
- Éléments de contexte : conditions de mesure, charge constatée
- Points non examinés et raison de l'impossibilité
Exploitable pour l'assureur
- Identification du site, du périmètre et de la date d'intervention
- Cadre de l'intervention et qualité de l'intervenant
- Suivi des anomalies des comptes rendus antérieurs
- Justificatifs de levée annexés ou clairement référencés
Vigilance
Les confusions à éviter
- Croire que le Q18 remplace la vérification périodique réglementaire des installations électriques.
- Parler de « référentiel Q18 » : le référentiel est le D18, le Q18 désigne la mission et son compte rendu.
- Considérer le compte rendu comme un certificat de conformité de l'installation : il ne l'est pas.
- Confondre la mission Q18 avec la thermographie infrarouge, qui relève du référentiel D19 et du compte rendu Q19.
- Faire vérifier un périmètre partiel sans le signaler, puis présenter le compte rendu comme couvrant le site entier.
- Classer le compte rendu sans traiter les anomalies, ni conserver les preuves des travaux réalisés.
- Commander la prestation sans vérifier que l'intervenant est reconnu dans le cadre attendu par l'assureur.
FAQ
Questions fréquentes sur la vérification Q18
Ces questions reviennent le plus souvent lorsqu'un assureur formule sa demande pour la première fois.
- Le « certificat Q18 » est-il une obligation légale ?
- Non. La démarche ne découle pas du Code du travail mais du référentiel APSAD D18, consacré à la prévention du risque incendie d'origine électrique. Elle devient contraignante lorsqu'elle figure dans un contrat d'assurance ou dans un cahier des charges : l'obligation est alors contractuelle, pas réglementaire. L'usage parle par ailleurs volontiers de « certificat », alors que la mission de vérification périodique Q18 donne lieu à un compte rendu de vérification Q18.
- Un compte rendu de vérification Q18 dispense-t-il de la vérification périodique des installations électriques ?
- Non, et l'inverse est également vrai. Les deux démarches n'ont ni le même fondement ni le même objet : l'une répond à une exigence de prévention du risque incendie d'origine électrique attendue par l'assureur, l'autre à l'obligation de vérification des installations électriques des lieux de travail. Un site peut avoir besoin des deux.
- Qui peut réaliser une mission de vérification périodique Q18 ?
- Le référentiel APSAD D18 prévoit que l'intervention soit réalisée par un organisme reconnu dans ce cadre. C'est un point à vérifier avant commande : un compte rendu établi hors de ce cadre risque de ne pas être accepté par l'assureur, même si son contenu technique est sérieux.
- Que contient concrètement le contrôle ?
- L'examen se concentre sur les causes de départ de feu d'origine électrique : serrages et état des connexions, état des isolants, protections inadaptées, matériels dégradés ou modifiés, environnements empoussiérés ou encombrés. La thermographie infrarouge n'entre pas dans ce périmètre : elle relève du référentiel APSAD D19 et donne lieu à un compte rendu Q19, démarche distincte commandée séparément.
- À quelle fréquence faut-il le renouveler ?
- La périodicité est fixée par le contrat et par le référentiel APSAD D18, le plus souvent sur un rythme annuel. La règle pratique consiste à relire la clause d'assurance : c'est elle qui fait foi, et non l'usage constaté chez un voisin ou un ancien employeur.
- La thermographie infrarouge fait-elle partie du Q18 ?
- Non. La thermographie infrarouge des installations électriques relève du référentiel APSAD D19 et donne lieu à un compte rendu de vérification Q19. C'est une prestation distincte de la mission Q18 : elle a son propre périmètre, ses propres conditions de réalisation, notamment un fonctionnement représentatif sous charge, et son propre document. Un assureur peut demander l'une, l'autre ou les deux : la clause du contrat indique laquelle est attendue.
- Que se passe-t-il si des anomalies sont relevées ?
- Le compte rendu de vérification les liste et l'exploitant les traite. La preuve de la levée des anomalies compte souvent autant que le compte rendu initial : c'est elle que l'assureur demandera en cas de sinistre. Conserver les justificatifs d'intervention à côté du compte rendu est donc essentiel.
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